10e Congrès National de la SCOGO : la gynécologie-obstétrique congolaise à l’heure de la couverture santé universelle

[Image: De gauche à droite : Le Dr MUELA DIFUNDU, Past président de la SCOGO ; Le Secrétaire général à la santé ; Le Pr Dr MBAZULU, président du comité d’organisation du congrès ; Le Pr Dr Roger MBOLOKO, président de la région Est et organisateur du congrès]

Du 16 au 18 décembre 2025, l’hôtel Pullman de Kinshasa a accueilli le 10e congrès national de la Société congolaise de gynécologie et d’obstétrique (SCOGO), qui coïncidait avec le 40e anniversaire de la société. Précédé d’une journée de pré-congrès le 15 décembre aux Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK) et à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), l’événement a réuni praticiens, enseignants, chercheurs et décideurs autour d’un thème unique : le rôle du gynécologue-obstétricien face aux défis sanitaires du couple mère-enfant à l’ère de la couverture santé universelle (CSU). Trois jours de communications, de panels et de symposiums ont couvert les principales priorités de la discipline en République démocratique du Congo.

Un rendez-vous pour la gynécologie-obstétrique congolaise

La RDC fait face à une mortalité maternelle et néonatale qui reste parmi les plus élevées du continent. Le congrès a placé cette réalité au centre des débats en reliant la pratique clinique aux orientations de la CSU. La conférence inaugurale, prononcée par le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, a porté sur la mise en œuvre de la couverture santé universelle en RDC. Les représentants-pays de l’OMS et de l’UNFPA sont intervenus sur l’appui de leurs organisations à cette politique.

Deux panels ont structuré la matinée d’ouverture. Le premier a traité de la gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né, avec la participation du ministère, des départements de gynécologie-obstétrique et de pédiatrie des CUK, de la SCOGO, de la SCOSAF et d’une bénéficiaire des soins. Le second a porté sur le curriculum de formation du gynécologue-obstétricien en RDC et la place de l’approche par compétences, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation et de plusieurs responsables académiques. Le congrès a réuni la communauté pour actualiser les pratiques et confronter les données produites dans le pays.

Du pré-congrès aux sessions parallèles : un programme dense

La journée de pré-congrès, le 15 décembre, a proposé des ateliers pratiques sur deux sites. Aux CUK, les formations ont porté sur l’endoscopie et sur la prise en charge de l’hémorragie immédiate du post-partum, avec des travaux sur mannequins, en blocs opératoires et en simulation. À l’INRB, l’atelier a été consacré au dépistage et à la prise en charge des lésions précancéreuses du col de l’utérus, avec une pratique de la cryothérapie, de l’inspection visuelle (VIA/VIL) et de la thermocoagulation. Les autres ateliers annoncés portaient sur l’hystéroscopie au cabinet, l’échographie de dépistage et la technique vNOTES.

Du 16 au 18 décembre, les travaux se sont répartis entre des séances plénières et des sessions parallèles de gynécologie et d’obstétrique. En gynécologie, les communications ont traité du syndrome des ovaires polykystiques, de la réserve ovarienne chez la patiente drépanocytaire, de l’infertilité du couple — dont la corrélation entre vaginose bactérienne et anticorps anti-spermatozoïdes —, de l’assistance médicale à la procréation, de l’endométriose, des cancers gynécologiques et mammaires, et du dépistage du cancer du col par test HPV et auto-prélèvement. En obstétrique, les sessions ont abordé la prééclampsie et l’éclampsie, l’hémorragie du post-partum, l’accouchement après césarienne, les fistules obstétricales, le paludisme gestationnel et congénital, l’échographie obstétricale, le nouveau partogramme de l’OMS et la surveillance des décès maternels et périnatals. Plusieurs présentations ont décrit des outils transposables en milieu à ressources limitées, comme le protocole E-MOTIVE pour l’hémorragie du post-partum ou le tamponnement utérin de modèle Mbanzulu.

Deux symposiums, animés par Ferring Pharmaceuticals et MSD, ont porté respectivement sur l’hémorragie du post-partum et sur la vaccination anti-HPV. Plusieurs communications ont introduit l’intelligence artificielle dans l’imagerie et le dépistage, avec les modèles IOTA ADNEX et ORADS pour les masses annexielles, et un registre du cancer basé sur la population à Lubumbashi.

Des intervenants nationaux et internationaux

L’ouverture officielle a été assurée par la Première ministre. Le programme a réuni les responsables des départements de gynécologie-obstétrique des universités congolaises et des figures académiques telles que les professeurs Juakali, Mbungu, Mboloko, Katenga, Sengeyi, Mbanzulu, Lokomba et Monzango. Des travaux co-signés par le professeur Denis Mukwege figuraient parmi les communications sur l’accouchement après césarienne, le dépistage du cancer du col et le prolapsus des organes pelviens.

La dimension internationale s’est traduite par la participation d’équipes étrangères : une équipe norvégienne sur le dépistage du col à l’INRB, le projet ELIKIA mené avec des partenaires espagnols à Kinshasa, des collaborations chinoises sur la vitamine D et l’adénomyose, ainsi que des contributions du Mali et du Congo-Brazzaville, dont celle du professeur Itoua (Université Marien Ngouabi, CAMES).

Un espace d’échange et de collaboration

Au-delà des communications, le congrès a ouvert des temps d’échange entre cliniciens, chercheurs et institutions. Les ateliers pratiques ont renforcé des compétences directement transférables : prise en charge de l’hémorragie du post-partum, dépistage des lésions précancéreuses, échographie. Les panels et l’assemblée générale, tenue le 17 décembre, ont permis de discuter de la formation, de la gratuité de la maternité et de l’organisation de la société. Pour les jeunes praticiens et les chercheurs, l’événement a offert un cadre de présentation de leurs travaux et de mise en relation avec des équipes nationales et étrangères, utile à la conduite de projets communs. La cérémonie de clôture, le 18 décembre, a rendu hommage aux membres décédés et aux pères fondateurs de la société.

Un nouveau Bureau exécutif national

L’assemblée générale, qui a clôturé les travaux du congrès, a procédé à l’élection du nouveau Bureau exécutif national (BEN) de la SCOGO, pour un mandat de deux ans. Les vice-présidents, qui président également chacune des régions, ont été élus par leurs régions respectives et complètent ainsi le bureau. La composition du nouveau BEN est la suivante :

  • Président national : Pr Arthur Munkana Ndundula
  • Vice-président et président de la Région Ouest : Pr Andy Mbangama Muela
  • Vice-président et président de la Région Sud : Pr Cham Lubamba Chamy
  • Vice-président et président de la Région Nord : Pr Jean-Jeannot Juakali Sihalikyolo
  • Vice-président et président de la Région Est : Dr Jean Yves Balungu
  • Secrétaire général : Dr Mike-Antoine Maindo Alongo
  • Secrétaire général adjoint chargé des questions scientifiques : Pr Jean-Didier Bosenge Nguma
  • Secrétaire générale adjointe chargée de l’éthique : Pr Céline Baby Tendobi Mbamba Baluanda
  • Trésorière nationale : Pr Fanny Malonga Kaj
  • Trésorier national adjoint : Dr Nancy Kama Mvidisa
  • Commissaires aux comptes : Dr Justine Musubao Valyananzighu et Dr Berry Kinkenda Nsiangungu

Le nouveau bureau a été présenté lors de la cérémonie de clôture.

Informations pratiques

Le congrès s’est tenu du 16 au 18 décembre 2025 à l’hôtel Pullman de Kinshasa, après une journée de pré-congrès le 15 décembre aux CUK et à l’INRB. Il s’adressait aux médecins spécialistes et généralistes, aux pharmaciens, biologistes, infirmiers, sages-femmes, résidents, chercheurs et enseignants. L’inscription se faisait selon des tarifs différenciés par catégorie professionnelle, avec soumission préalable des résumés. Pour toute information sur les prochaines éditions et les modalités d’adhésion, la SCOGO reste joignable via son secrétariat (contact@scogo-cd.org).

L’engagement de la SCOGO

Avec ce 10e congrès, tenu l’année de ses 40 ans, la SCOGO a confirmé son rôle dans la formation continue et la diffusion de la recherche en gynécologie-obstétrique en RDC. La société invite les professionnels de santé à rejoindre ses prochaines activités et à contribuer aux travaux qui visent à améliorer la santé de la femme et du couple mère-enfant dans le pays.